Bruno Goubet, directeur de l’EMA, a pris sa retraite
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    Bruno Goubet a offert son pot de départ ce mardi 30 janvier, entouré du personnel de l’École Mines Alès.
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    Avec Patrick Pouyanné, PDG de Total et président du conseil d’administration de l’EMA : « Malgré ses obligations, il donne beaucoup de temps à l’école. Quel plaisir d’avoir dirigé l’EMA avec lui... »
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    Pose de la 1re pierre du grand Campus (18 septembre 2015) : « Ce projet dessine l’avenir de l’école pour les dix prochaines années. »
 
Bruno Goubet, directeur de l’EMA, a pris sa retraite
Ce mardi 30 janvier, Bruno Goubet, directeur de l’École Mines Alès, prend sa retraite en ayant été le témoin des évolutions contemporaines de cet établissement d’enseignement supérieur qui participe à la réputation du bassin alésien. Entretien.
 



Alès Agglo : En 44 ans de carrière, vous avez passé 21 ans à Alès. Entre vous et l’EMA, c’est une histoire fusionnelle ?

Bruno Goubet : Plus précisément, ça a été un compagnonnage entre cette école et moi : j’ai consacré la majeure partie de ma vie professionnelle alésienne à l’accompagnement de l’EMA. J’y suis venu, j’en suis reparti et j’y suis revenu. Alors, oui, il y a bien une relation, si ce n’est fusionnelle, au moins indéfectible entre nous.


A.A. : Qu’est-ce qui vous a séduit ?

B.G. : Je suis arrivé au bon moment, le 1er août 1990, en ayant la chance d’accompagner la première modification statutaire de l’EMA. D’un service extérieur de l’État, l’école est devenue un établissement public, avec son autonomie administrative et financière : à partir de là, tout a vraiment évolué ; j’ai eu la chance d’en avoir été le témoin et l’acteur. L’EMA a commencé à recruter au niveau Maths Spé, lui permettant d’être reconnue comme une école d’ingénieurs à part entière. En matière de recherches, elle a développé ses labos qui sont aujourd’hui reconnus internationalement. J’ai vu la construction des amphis. Quant aux personnels, ils ont su changer de métiers tout en gardant un dévouement extrêmement fort, absolu, à la Maison. Mes débuts aux Mines d’Alès ont été denses et passionnants.


A.A. : Le corps des Mines était pourtant assez éloigné de vos débuts...

B.G. : Oui, c’est vrai ! Je suis “un régalien”, formé à l’École Supérieure de Métrologie, puis à l’École nationale Supérieure des Télécommunications. J’ai débuté en contrôlant les balances sur les marchés ! C’est en arrivant aux Mines de Douai pour y créer un laboratoire de métrologie-qualité que j’ai ajouté cette casquette “école et formation” qui ne m’a quasiment plus quittée depuis.


A.A. : Vous avez même fait un détour par l’ONU !

B.G. : Quelle expérience fantastique... Chargé des questions de développement industriel, à Vienne (Autriche), j’ai pris conscience que la France est un petit pays dans un grand monde. Pour poursuivre, j’avais la possibilité de repartir aux Mines de Douai, mais je connaissais ; à Paris, mais avec trois jeunes enfants j’ai vite oublié ; ou aux Mines d’Alès, mais pour situer la ville sur une carte je m’y suis repris à deux fois (rires). Nous étions à la fin des années 1980…


A.A. : Et vous avez finalement choisi Alès... C’était par dépit ?

B.G. : Non, dans ma carrière, je n’ai jamais rien fait par défaut. Je suis curieux. Je suis parti de Lille sous la pluie et je suis arrivé à Alès par un temps magnifique, éclatant. C’était en 1989 et je me suis dit : « C’est quoi ce paradis ? Ça existe ? » Ici, il y a eu beaucoup de gens qui m’ont séduit par leur volonté d’agir, parce qu’ils croient en ce territoire.


A.A. : Comme vous ?

B.G. : Bien entendu ! J’ai eu un coup de cœur pour la région d’Alès. Si j’ai été bluffé par les paysages en arrivant, ce sont les personnes qui m’ont permis de m’attacher ici. Elles ont une culture très forte, des racines très profondes. Au fond, je me suis tout de suite senti chez moi. Je viens d’un bassin minier du Pas-de-Calais. Il y a, ici comme là-bas, une forte propension à l’accueil. Seul l’accent diffère !


A.A. : Le passage dans les ministères parisiens, à partir de 2006, peut être vu comme une consécration. Pourquoi décider de revenir à l’EMA en 2013 ?

B.G. : Quand j’ai pris ce poste, je savais que ce serait le dernier de ma carrière. Je l’ai choisi sans me poser de questions : j’avais farouchement envie de diriger cette “boutique”, car elle est extraordinaire !


A.A. : On a l’impression que vous vous y êtes donné corps et âme...

B.G. : Complètement (il marque une pause, comme pour mesurer son propos). Je me devais de faire progresser l’école, comme l’ont fait mes prédécesseurs. Je n’avais pas d’autre choix que de me battre : pour faire grossir les effectifs (300 ingénieurs sont diplômés chaque année, NDLR), pour développer la voie de l’apprentissage, pour décloisonner l’activité “Recherches”, pour impulser des projets, …


A.A. : Quel a été votre dernier cheval de bataille à Alès ?

B.G. : Lorsque je suis arrivé en 2013, il fallait bâtir un projet à dix ans. L’idée de restructurer le Campus Leprince-Ringuet me tenait à cœur. Je suis fier de ce qui est en train d’être fait en partenariat avec la Ville d’Alès et l’Agglo, avec l’extension de la Maison des Élèves, la création du “hub créativité”, la réalisation d’un lieu ouvert aux étudiants, entrepreneurs, porteurs de projet ou enseignants-chercheurs. Je suis heureux de terminer ma carrière sur cette note.


A.A. : La retraite, ce sera quoi pour vous ?

B.G. : Ce sera d’abord une grande période de repos. Après on verra (il soupire). J’ai eu une carrière extraordinaire et j’ai appris qu’il ne fallait pas courir tout le temps. La retraite, c’est un moment pour faire autre chose, pour penser à soi et à ses proches, aussi. Oui, quitter l’EMA sera un moment difficile, mais tellement plein de promesses pour l’avenir que je construirai encore à Alès. En fait, je ne m’en vais pas…

Son parcours

  • Né en juin 1954 à Hénin-Liétard (Pas-de-Calais).
  • Service des Instruments de Mesure, de 1978 à 1980.
  • Service de la Qualité des Produits Industriels, de 1980 à 1982.
  • Chef du département métrologie- qualité des Mines de Douai, de 1984 à 1988.
  • ONU, de 1988 à 1990.
  • Directeur des Recherches à l’EMA, de 1990 à 1992.
  • Directeur adjoint de l’EMA, de 1992 à 1998.
  • Consultant “qualité & stratégie”, de 1998 à 2006.
  • Ministère de l’Économie, de 2006 à 2008.
  • Ministère du Redressement productif, de 2008 à 2013.
  • Directeur de l’EMA, de 2013 à 2018.
 
jeudi 01 février 2018
 
 
 
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