Dans le Gard, les éthylotests anti-démarrage sont installés à Alès
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    L’Alésien Pascal Protin est le seul technicien gardois habilité par les pouvoirs publics, à installer les éthylotests de démarrage dans les véhicules.
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    Un outil très simple d’utilisation mais au verdict implacable.
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    Alcool et conduite, deux activités simultanément inappropriées.
 
Dans le Gard, les éthylotests anti-démarrage sont installés à Alès
Ce système contrôle les automobilistes récidivistes à l’alcoolémie lors de leur retour dans la circulation. Le seul technicien gardois habilité à son installation se trouve à Croupillac.
 

Depuis le 1er mars dernier, le tribunal d’Alès dispose d’un nouvel outil répressif pour tenter de réduire le nombre d’usagers de la route conduisant sous l’empire de l’alcool. Il s’agit de l’éthylotest anti-démarrage. Le procureur de la République, Nicolas Hennebelle, le considère comme « un moyen supplémentaire mis au service de la Justice » dans ce combat inlassable contre la délinquance routière. Et le procureur de justifier cette disposition : « Pour 30 % des accidents mortels dans le Gard, il y a la présence de l’alcool ».

Contrôle au démarrage et pendant le trajet

Le principe de base de l’éthylotest anti-démarrage est simple : il exige de l’utilisateur de souffler quelques instants dans un récepteur qui mesurera le volume d’alcool présent dans son haleine. « Ce processus se complète d’un contrôle aléatoire durant le trajet pour dissuader celui qui aurait la tentation de faire souffler une personne sobre à sa place afin de pouvoir démarrer » ajoute Nicolas Hennebelle. Si l’utilisateur ne se soumet pas à ce contrôle inopiné ou si de l’alcool est détecté, le moteur du véhicule ne redémarrera pas à la prochaine sollicitation et il faudra alors avoir recours à un installateur agréé pour le relancer.

Ce système est assez coûteux. Il est facturé 1 800 €, « entièrement à la charge de l’automobiliste. Ce dernier peut également le louer au prix de 36 € mensuels pour une période que nous fixons à trente-six mois lors de la condamnation » précise le magistrat. À Alès, le parquet a choisi de n’exiger cette mesure qu’auprès des récidivistes. Un choix qui s’explique en raison de la hauteur des sommes exigées. « En contrepartie cela permet de réduire un peu, le temps de la suspension du permis de conduire qui a été prononcée. Ce qui, dans certains cas, participe à ne pas obérer une activité professionnelle tout en maintenant un contrôle judiciaire » ajoute Nicolas Hennebelle.

Depuis mars dernier, les juges alésiens ont eu recours une vingtaine de fois à cette peine. « En matière de sécurité routière, nous enregistrons des progrès réels, mais encore très fragiles » souligne le magistrat comme pour souligner qu’il n’existe hélas pas de remède miracle à ce phénomène.

Un technicien installé à Croupillac

Dans le Gard, c’est à Alès que réside l’unique technicien habilité et agréé par le préfet à installer cet éthylotest anti-démarrage. Il s’agit de l’entreprise Protin, installée avenue de Croupillac. Ce spécialiste de l’électricité automobile a dû suivre un long parcours administratif doublé d’une courte formation pratique chez le constructeur pour obtenir l’agrément des autorités.

Pascal Protin, qui a déjà une solide expérience en matière d’électricité auto, avait été mis sur la piste par les gendarmes : « Ils m’avaient dit que ce système existait et que les juges alésiens voulaient le mettre en place. Je me suis donc proposé. » Il lui a fallu réunir 4 500 € pour constituer le dossier. « Maintenant, j’utilise deux systèmes à la vente ou en location. Ce sont les systèmes “Lion Laboratoire” et “Draeger” » explique Pascal Protin.

Cet éthylotest de démarrage peut même être installé préventivement, de façon volontaire. Ça a été le cas pour un père de famille inquiet… « Il est venu avec la voiture de son fils et a demandé à ce que j’équipe le véhicule » raconte Pascal Protin.

L’opération n’immobilise guère le véhicule plus d’une demi-journée dans les cas les plus complexes.

Rien n’existe encore pour ceux qui conduisent sous l’emprise du cannabis ou autre substance prohibée.
« Mais je suis certain que ça sera un jour le cas » pense Pascal Protin.

 
lundi 11 septembre 2017
 
 
 
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